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Articles scientifiques sous la loupe
22 janvier 2024
Le « binge » de substances (« binge drug use »), de manière générale, pourrait être défini comme la consommation de substances en grande quantité sur une période de temps relativement courte. Ce type de consommation intense sur un laps de temps court peut être accompagné d’un sentiment de perte de contrôle et de comportements à risque, étant donné que l’état psychologique et physiologique des individus devient de plus en plus compromis lors de la pratique. Bien qu’aucune définition normalisée n’existe, des études utilisant divers indicateurs ont précédemment associé le « binge » au partage de seringues, aux surdoses non mortelles, à la détresse psychologique, aux tentatives de suicide et à l’infection par le VIH chez les personnes utilisatrices de drogues par injection (PUDI). Cependant, aucune étude n’a encore rapporté de données détaillées sur les types de substances utilisées lors des épisodes d’injections de drogues intensives (« binge drug injection ») et dans quels contextes sociaux ces épisodes avaient lieu. Ainsi, les auteurs ont tenté de décrire ici (Minoyan, N., & al., International Journal of Mental Health and Addiction, 2023) cette pratique dans le cadre d’une étude de cohorte longitudinale portant sur des PUDI de Montréal. Les participants admissibles devaient être âgés de 18 ans ou plus, avoir utilisé des drogues par injection au cours des six derniers mois et effectuer des visites à chaque trois mois. Le « binge drug injection » a été défini dans cet article comme l’injection de quantités importantes de substances sur une période limitée dans le temps.
Selon les résultats, 805 participants (82 % d’hommes âgés de 41 ans en moyenne) ont effectué 8158 visites (2011–2020). 41,8 % des participants vivaient de l’instabilité résidentielle ou de l’itinérance. 36 % d’entre eux ont signalé des épisodes de « binge » tout au long du suivi de l’étude (soit un total de 590 visites). Une perte de contrôle lors des crises de « binge » a été signalée pour 78,5 % des visites (où les « binges » ont été rapportés), tandis que 29,6 % et 48,5 % des épisodes impliquaient parfois ou toujours des périodes prolongées sans sommeil, respectivement. En moyenne, les épisodes de « binge » duraient 48 heures et impliquaient une gamme variée de substances et de contextes sociaux. La cocaïne était utilisée dans la majorité des épisodes de « binge » récents (73 % des visites), suivie par les opioïdes (26,1 %), l’héroïne (21,2 %) et les amphétamines (9 %). 75,9 % des épisodes de « binge » impliquaient une seule substance et 24 % impliquaient plusieurs classes de substances. Un épisode de « binge » comptabilisait en moyenne 20 injections. 44 % des épisodes de « binge » étaient pratiqués en solitaire chez les hommes (contre 29,2 % chez les femmes). En conclusion, les épisodes de « binge » avaient tendance à impliquer un grand nombre d’injections, une perte de contrôle et de longues périodes sans sommeil ; ces facteurs peuvent à leur tour contribuer à des altérations de la prise de décision et à des défaillances dans les comportements préventifs. Selon les auteurs, le « binge » pourrait ainsi être un déclencheur important (mais peu considéré) des surdoses et d’autres dommages chez les PUDI.
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