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2 décembre 2023
La prophylaxie postexposition au VIH dite « en poche » (ou PPE en poche / « PIP », en anglais) est un moyen d’auto-initiation à la demande pour la prévention du VIH chez les individus présentant une faible fréquence d’épisodes d’exposition au VIH. Dans le cas de la « PIP », la PPE comprend trois médicaments anti-VIH et est prescrite d’avance, ce qui permet au patient de l’avoir directement sous la main après une exposition à risque et d’éviter les retards dans l’initiation au traitement – elle doit être initiée dans les 72 heures suivant l’exposition sexuelle à risque et prise quotidiennement pendant 28 jours consécutifs. Dans cette étude menée par Billick, M., & al. (JAIDS, 2023), les chercheurs ont réalisé une évaluation rétrospective des caractéristiques cliniques et des résultats provenant d’une cohorte de patients utilisant la « PIP », et ce, entre février 2016 et décembre 2022, fréquentant deux grands centres de prévention et de soins du VIH à Toronto. À la base, les patients étaient aiguillés pour suivre la prophylaxie pré-exposition (PrEP) ou la PPE. Après consultation avec les patients et évaluation des fréquences de risque (expositions au VIH qui pouvaient survenir dans le futur), ils se voyaient donc proposer soit la PrEP soit la PPE. Les patients identifiés comme ayant une fréquence (anticipée) faible (0 à 4 fois par an) d’expositions au VIH à risque élevé se voyaient offrir la « PIP » comme moyen de prévention. Ceux qui étaient intéressés par la « PIP », se voyaient donc prescrire un traitement antirétroviral à trois médicaments pour une durée de 28 jours.
Au total, 111 patients utilisant la « PIP » comme principale modalité de prévention au VIH ont été évalués (longitudinalement) au niveau de l’auto-initiation de la « PIP », du VIH, des infections sexuellement transmissibles et du passage à d’autres modalités (formes) de prévention du VIH, et ce, entre février 2016 et décembre 2022. Selon les résultats, les 111 patients ont cumulé en tout 178,7 années-patients d’utilisation de la « PIP ». La « PIP » a été auto-initiée 69 fois (pour 69 cycles) par 35 (soit 31,5 %) individus (certains patients l’ont prise plus qu’une fois), sans aucun cas de séroconversion au VIH d’observé. La PPE a été interrompue dans cinq cas. Dans tous les cas, la « PIP » a été utilisée dans des circonstances de pratiques sexuelles n’impliquant pas l’utilisation du préservatif et il n’y a eu aucun cas d’initiation à la suite d’injection de drogues. Les régimes les plus communément utilisés ont été le dolutégravir (DTG) + fumarate de ténofovir disoproxil (TDF) / emtricitabine (FTC) (n = 51), suivi du bictégravir (BIC) / ténofovir alafénamide (TAF) / emtricitabine (FTC) (n = 6) et enfin du raltégravir (RAL) + BIC/TAF/FTC (n = 2). 34 individus (30,6 %) sont passés de la « PIP » à la PrEP, et 33 individus (29,7 %) ont basculé de la PrEP à la « PIP ». En conclusion, selon les auteurs, la « PIP » constitue un instrument additionnel utile qui s’ajoute aux autres outils pharmacologiques de prévention du VIH et peut contribuer de fait à prévenir l’infection chez ceux présentant une fréquence moindre d’expositions inattendues au VIH.
(source de la photo : https://www.hivaidsconnection.ca/pepinyourpocket)
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