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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
18 mars 2022
L’allègement de la charge thérapeutique chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) a toujours été une des préoccupations principales dans la recherche de nouvelles stratégies de traitement, afin, entre autres, d’éliminer la toxicité médicamenteuse et d’améliorer l’observance du traitement. Un projet (The Lancet HIV, Landman, R., & al., 2022) mené en partie par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM, France) et l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a essayé de savoir si la prise d’antirétroviraux quatre fois par semaine – plutôt que quotidiennement, pouvait affecter la charge virale VIH chez les individus soumis à une TAR. C’est ce qu’on appelle le traitement intermittent qui consiste à prendre les antirétroviraux durant quatre jours d’affilée suivis de trois jours de pause, en tant que régime d’entretien. L’étude clinique a été menée entre septembre 2017 et janvier 2018 (pendant 98 semaines – 98S) et elle visait à comparer le régime intermittent et le régime continu. Les patients ont été recrutés au sein de 59 hôpitaux répartis à travers la France. Le projet en question, nommé « ANRS QUATUOR » incluait 636 patients adultes vivant avec le VIH, sous TAR et avec charge virale inférieure à 50 copies par mL depuis au moins un an. Les participants ont donc été séparés en deux groupes : le groupe « intermittent » (318 individus) et le groupe « continu » (318 individus). Les visites médicales s’effectuaient dès le démarrage de l’essai, puis aux deux semaines, à savoir à 4S, 12S, 24S, 36S et 48S. Le premier résultat recherché a été la proportion de participants du groupe « intermittent » qui présentait une suppression virale à 48S.
D’après les résultats, à 48S, 96 % des patients du groupe « intermittent » (304 personnes) et 97 % des patients du groupe « continu » (308 personnes) avaient réussi à maintenir une suppression virologique (à savoir inférieure à 50 copies par mL). L’intérêt d’une telle stratégie est aussi de réduire les coûts associés à la TAR (43 % moins chère que le traitement continu) et d’améliorer la qualité de vie des PVVIH, tout en leur permettant de prendre des pauses chaque semaine durant leur traitement. Par ailleurs, d’après un questionnaire, 59 % des participants ont vu leur qualité de vie s’améliorer dans le groupe « intermittent » – contrairement à 19 % dans l’autre groupe. À savoir que les effets secondaires sévères étaient moins présents dans le groupe « intermittent » (9 % des patients) que dans l’autre groupe (12%). En conclusion, ces résultats ont montré la non-infériorité d’une stratégie de traitement intermittent par rapport à une TAR continue standard, et ce, sur une durée de 48 semaines.
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