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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
22 janvier 2024
Les personnes incarcérées présentent un risque élevé de contracter le VHC en raison de la forte prévalence de l’usage de drogues par injection et de l’accès limité aux services de réduction des méfaits dans les prisons. Il faut savoir qu’en 2014, il y avait environ 10 millions de personnes incarcérées qui vivaient avec le VHC au niveau mondial. Cette étude (Hajarizadeh, B., & al., Journal of Viral Hepatitis, 2024) a tenu à évaluer l’incidence du VHC et les caractéristiques associées à l’usage de drogues par injection en milieu carcéral. L’étude SToP-C (Surveillance and Treatment of Prisoners with hepatitis C) a recruté des personnes incarcérées dans quatre centres pénitentiaires australiens (Nouvelle-Galles du Sud). L’étude en question évaluait la faisabilité et l’efficacité de l’implantation à large échelle du traitement du VHC comme prévention (TASP) par antiviraux à action directe (AAD) au sein des milieux carcéraux. Par ailleurs, il faut savoir que les services de réduction des méfaits qui sont disponibles dans les prisons de Nouvelle-Galles du Sud comprennent le traitement par agoniste opioïde (TAO). De plus, le Fincol (désinfectant) est mis à la disposition de tous les détenus pour nettoyer leur matériel d’injection. Cependant, aucun programme d’échange d’aiguilles et de seringues n’est disponible dans les prisons australiennes. Les participants ont été testés pour le VHC lors de l’inscription à l’étude, puis à tous les trois à six mois (d’octobre 2014 à novembre 2019). Les participants éligibles pour cette analyse incluaient ceux présentant un risque d’infection primaire au VHC (anti-VHC négatif) ou de réinfection (anti-VHC positif, ARN du VHC négatif) avec une évaluation régulière.
1643 participants éligibles ont été inclus dans les analyses (82 % étaient des hommes âgés de 33 ans en moyenne et 30 % utilisaient des drogues par injection). L’incidence globale du VHC était de 6,11/100 personnes-années (PA), avec un taux de réinfection plus élevé (9,34/100 PA) que celui de l’infection primaire (4,60/100 PA). Dans la population totale, le risque de VHC était significativement plus élevé chez les utilisateurs de drogues par injection (UDI) – par rapport à ceux qui ne pratiquaient pas l’injection (rapport de risque ajusté aHR = 10,55), ainsi que chez ceux qui ont été libérés puis réincarcérés pendant le suivi (par rapport à ceux qui restaient incarcérés (aHR = 1,60). Parmi les participants ayant récemment injecté des drogues (au cours du dernier mois, n = 321), le risque de VHC était réduit chez ceux recevant un TAO à dosage élevé, c’est-à-dire de la méthadone ≥ 60 mg/jour ou de la buprénorphine ≥ 16 mg/jour (par rapport à l’absence de TAO, avec aHR = 0,11) et accru chez ceux partageant des aiguilles/seringues sans utilisation systématique d’un désinfectant pour nettoyer le matériel d’injection (par rapport à l’absence de partage avec HR = 4,60). Cette étude a réussi à démontrer un risque élevé de transmission du VHC en prison, particulièrement chez les UDI. Le suivi d’un TAO à dosage élevé s’est avéré « protecteur », mais une amélioration de la couverture du TAO et la mise en place de programmes d’échange de seringues pour réduire le partage du matériel d’injection s’avèrent nécessaires, selon les auteurs de l’étude.
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