La réponse virologique soutenue RVS (charge virale du VHC indétectable) ou la rechute virale C (définie par la présence d’un ARN détectable) est confirmée 12 semaines après la fin du traitement (FDT). Cependant, les patients qui présentent une rechute virale C affichent généralement une virémie détectable plus tôt, entre les semaines 4 et 8 après la FDT. On peut donc se demander si l’examen de charge viral pourrait être efficace à 4 semaines et concorder avec celui effectué à 12 semaines. À ce niveau, les rapports des essais cliniques indiquent que la valeur prédictive positive (VPP) de la RVS4 pour prédire la probabilité d’atteindre la RVS12 est de plus en plus élevée, à mesure que les traitements s’améliorent. Mais les données du monde réel évaluant la pertinence clinique de la RVS4 pour prédire la RVS12 chez les patients recevant divers AAD restent limitées. Par ailleurs, la confirmation en avance ou précoce de la RVS ou de la rechute virale C à la suite d’un traitement par AAD administré pour l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) est essentielle d’un point de vue de santé publique, en particulier pour les patients présentant un risque élevé de non-adhésion aux suivis post-traitement. Par conséquent, l’objectif ici était d’évaluer l’efficacité de la RVS4 à prédire la RVS12 chez des patients traités avec des AAD pangénotypiques à dose fixe ou d’autres types d’AAD pour le VHC.
Cette étude (Liu, C.-H., & al., Journal of Medical Virology, 2024) incluait un total de 1011 patients qui avaient complété leur traitement à base d’AAD, dont 526 avaient reçu des AAD pangénotypiques à dose fixe et 485 avaient reçu d’autres types d’AAD. Ces participants disposaient de données sur l’ARN du VHC (ARN-VHC) à la semaine 4 (S4), semaine 12 (S12) et semaine 24 (S24) après la FDT, pour ainsi confirmer soit une réponse virologique soutenue, soit une rechute virale C, soit une réinfection virale. La valeur prédictive positive (VPP – probabilité qu’un test positif soit réellement positif) et la valeur prédictive négative (VPN – probabilité qu’un test négatif soit réellement négatif) de la RVS4 pour prédire les patients avec une RVS12 ou une rechute virale C ont été rapportées.
VPP et VPN de 98,5 % et 100 % respectivement
Selon les résultats, sur les 1011 participants, 1002 ont présenté une RVS4 et parmi eux, 987 ont atteint la RVS12 et 24 ont présenté une rechute virale C, 12 semaines après la FDT. Les VPP et VPN de la RVS4 pour prédire la RVS12 étaient de 98,5 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : 98,0–98,9) et de 100 % (IC à 95 % : 66,4–100) respectivement dans l’ensemble de la population. La VPP de la RVS4 pour prédire la RVS12 chez les patients recevant des antiviraux à action directe (AAD) pangénotypiques à dose fixe était plus élevée que chez ceux recevant d’autres types d’AAD (99,8 % vs. 97,1 %). Les VPN de la RVS4 pour prédire une rechute virale C à 12 semaines étaient de 100 %, quel que soit le type d’AAD. De plus, la concordance entre la RVS12 et la RVS24 était de 100 %.
En conclusion, un test de l’ARN-VHC (sérique) à S4 après l’arrêt du traitement est suffisant pour fournir une excellente force de prédiction de la RVS12 ou de la rechute virale C à S12 après l’arrêt du traitement chez les patients atteints du VHC traités avec des AAD pangénotypiques à dose fixe.
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