Les résultats d’une analyse intermédiaire d’un deuxième essai clinique pivot de phase 3 (Gilead Sciences) portant sur l’utilisation du lénacapavir (appelé LEN ou GS-6207) administré sous forme injectable aux six mois (semestriel) en tant que prophylaxie pré-exposition au VIH (PrEP ou PPrE) ont démontré que le lénacapavir avait réussi à réduire les infections par le VIH de 96 % par rapport à l’incidence du VIH de référence (bVIH), au sein d’une population comprenant des hommes cisgenres, des hommes transgenres, des femmes transgenres et des personnes non binaires. Par ailleurs, il n’y a eu simplement que deux cas d’infection sur les 2179 participants du groupe LEN, ce qui correspond à 99,9 % des participants n’ayant pas contracté l’infection par le VIH au sein de ce groupe. Le lénacapavir administré deux fois par an a également démontré sa supériorité par rapport au Truvada® (emtricitabine 200 mg / fumarate de ténofovir disoproxil 300 mg ; FTC/TDF) pris oralement une fois par jour – 89 % plus efficace.
« PURPOSE 2 » est une étude de phase 3, multicentrique, randomisée, conduite en double aveugle, qui vise à évaluer la sécurité et l’efficacité du lénacapavir administré de façon sous-cutanée (par injection) deux fois par an dans le cadre de la PrEP, et ce, par rapport au Truvada® oral pris une fois par jour et à l’incidence de référence du VIH (bVIH). Étant donné que des options efficaces de PrEP existent déjà, il y a un consensus général dans le domaine de la PrEP qu’un groupe placebo serait contraire à l’éthique ; ainsi, l’essai a utilisé la bVIH comme comparateur principal et le Truvada® comme comparateur secondaire.
L’ensemble des 3200 participants recrutés incluaient des hommes cisgenres, des hommes transgenres, des femmes transgenres et des personnes non binaires provenant d’Argentine, du Brésil, du Mexique, du Pérou, d’Afrique du Sud, de Thaïlande et des États-Unis, qui avaient eu des rapports sexuels avec des partenaires assignés comme hommes à la naissance (hommes cisgenres). Les participants à l’étude ont été randomisés dans un rapport de 2:1 pour recevoir respectivement du lénacapavir (2179 participants) ou du Truvada® (1086 participants).
Ce que les résultats ont pu démontrer à travers cet essai :
- Il y a eu deux nouveaux diagnostics de VIH parmi les 2179 participants du groupe LEN – soit 99,9 % qui n’ont pas été infectés par le VIH, comparé à neuf cas qui ont été observés parmi les 1086 personnes assignées au Truvada®. Les taux d’incidence du VIH étaient respectivement de 0,10 versus 0,93 pour 100 personnes-années. le lénacapavir administré deux fois par an s’est montré
89 % plus efficace que le Truvada® suivi quotidiennement (rapport des taux d’incidence ou incidence rate ratio de 0,11, p=0.00245). - Le lénacapavir s’est montré supérieur à la bVIH chez les personnes ne prenant pas la PrEP (incidence de 2,37 pour 100 personnes-années) en réduisant le risque d’acquisition du VIH de
96 % (rapport des taux d’incidence 0,04, p<0,0001).
Lors de l’analyse intermédiaire, le Comité de surveillance et de suivi (Data Monitoring Committee – DMC) a confirmé que l’essai « PURPOSE 2 » avait atteint ses principaux critères d’efficacité, à savoir qu’il avait réussi à démontrer la supériorité du lénacapvir administré deux fois par an par rapport à la bVIH (critère principal), et au Truvada® oral pris quotidiennement (critère secondaire) dans le cadre de la PrEP. Par conséquent, le DMC a recommandé à Gilead d’arrêter la phase en double aveugle de l’essai et d’offrir le lénacapavir en accès ouvert à tous les participants.
En conclusion, il s’agit du deuxième essai pivot de phase 3 à démontrer l’efficacité supérieure du lénacapavir administré sous forme injectable deux fois par an dans le cadre de la PrEP. En juin 2024, l’essai « PURPOSE 1 », qui étudiait l’application du lénacapavir pour la PrEP chez les femmes cisgenres en Afrique subsaharienne, avait également été poursuivi en mode ouvert prématurément car il avait atteint ses principaux critères d’efficacité. Ce dernier avait réussi à démontrer une efficacité de 100 % au sein de cette population – voir notre article sur ce site Web.
Pour lire le communiqué (Gilead Sciences), cliquez sur ce lien.
Consulter l’article publié dans NEJM (Kelley, C. F., & al., novembre 2024).
