Les personnes souffrant d’un trouble lié à la consommation d’opioïdes (TCO) et à qui étaient prescrits des opioïdes de qualité pharmaceutique pour au moins une journée (une journée ou plus), et ce dans le cadre des « Directives d’atténuation des risques » de la Province de la Colombie-Britannique (« Risk Mitigation Guidance », RMG), étaient 61 % moins susceptibles de décéder dans la semaine suivante par rapport à un groupe similaire de personnes n’ayant pas reçu une telle prescription de la RMG. La nouvelle étude, publiée dans le British Medical Journal (Slaunwhite, A., & al., 2024), visait à évaluer l’efficacité des « Directives d’atténuation des risques » (RMG). Il s’agit en fait du premier cas connu d’une province ou d’un État nord-américain fournissant des directives cliniques aux médecins et aux infirmières praticiennes pour la prescription (et dispensation) d’alternatives pharmaceutiques aux patients exposés au risque de décès lié à l’approvisionnement en drogues toxiques et imprévisibles (contenu et puissance des drogues souvent inconnus) – à savoir des opioïdes non pharmaceutiques. La mise en place de services d’approvisionnement plus sécuritaires pour les personnes qui se procurent des drogues toxiques non réglementées directement dans la rue a en effet été associée à une réduction du nombre de décès dans les jours qui suivaient.
Jusqu’à 91 % moins à risque
La présente étude a en fait analysé des données anonymisées sur l’utilisation des soins de santé aigus, les événements de surdose et les décès parmi 5 882 personnes souffrant de TCO ou de troubles liés à la consommation de stimulants qui avaient obtenu une prescription (d’opioïdes, de stimulants ou des deux) conformément aux « Directives d’Atténuation des Risques » entre mars 2020 et août 2021. Cette cohorte a été comparée à une cohorte très similaire n’ayant pas reçu de prescription conformément aux « Directives d’atténuation des risques ». En plus de constater que la cohorte de personnes à qui des opioïdes de qualité pharmaceutique ont été prescrits pour une journée ou plus présentait un risque de décès toutes causes confondues la semaine suivante réduit de 61 %, les individus de ce groupe étaient également 55 % moins susceptibles de décéder d’un événement de surdose la semaine suivante. L’association n’a cependant pas été démontrée pour la prescription de stimulants. Selon les auteurs de l’étude, comme la naloxone et les programmes de distribution de seringues, la prescription de médicaments (dans ce cas-ci, les opioïdes) réglementés est une intervention de réduction des méfaits et offre des avantages uniquement lorsque les prescriptions sont utilisées. L’étude a aussi démontré que l’effet protecteur de la prescription d’opioïdes en pharmacie augmentait avec le nombre de jours pendant lesquels les opioïdes étaient dispensés. En effet, les personnes ayant reçu une prescription d’opioïdes pour quatre jours ou plus étaient 91 % moins susceptibles de décéder de toutes causes confondues et 89 % moins susceptibles de décéder d’une surdose fatale la semaine suivante.
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