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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
17 mars 2022
La transmission sexuelle du virus de l’hépatite C (VHC) est relativement bien documentée parmi les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), et plus particulièrement chez les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH). Par ailleurs, l’utilisation de la prophylaxie préexposition (PrEP ou PPrE) pourrait, selon certaines sources, être associée à la pratique d’activités qui facilitent la propagation des maladies sexuellement transmissibles (ITSS) et possiblement le VHC, parmi les utilisateurs de PrEP. À ce propos, une étude a été menée par Tabatabavakili, S. & al. (Clinical Gastroenterology and Hepatology, 2022). Il s’agit d’une étude de cohorte longitudinale rétrospective qui a suivi des individus séronégatifs pour le VIH, lesquels ont été recrutés au sein d’une clinique PrEP (University Health Network HIV Prevention outpatient Clinic) de Toronto, et ce, entre octobre 2012 et septembre 2019, afin de mesurer l’incidence des différentes ITSS au sein de cette cohorte. Tous les participants avaient passé, au moment de commencer l’étude, un test de dépistage des ITSS (VHC, syphilis primaire et secondaire, Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae) puis de façon régulière alors qu’ils suivaient la PrEP. Ils ont donc été testés pour les anti-VHC, avec un test de suivi pour détecter la charge virale du VHC pour ceux qui avaient été testés positifs.
D’après les résultats, parmi 344 patients séronégatifs pour le VIH recevant la PrEP, 86 % étaient issus de la communauté HARSAH. Cinq personnes ont été testées positives aux anti-VHC au moment de l’inclusion dans l’étude. Sur les 339 individus négatifs au VHC, 230 ont été exclus, ce qui fait que les données étaient disponibles pour 109 individus négatifs à la sérologie anti-VHC, et ce, sur 282 patients-années (PA). On a noté en moyenne 1,42 visites par personne chaque année durant toute la période de suivi de l’étude. Seulement deux nouvelles infections ont été enregistrées, donnant une incidence d’infection au VHC primaire de 0,7 pour 100 PA. En contraste avec le VHC, les taux d’incidence de la chlamydia, gonorrhée et syphilis ont été de 49,2 pour 100 PA, 36,3 pour 100 PA et 5,2 pour 100 PA, respectivement. Il n’y a pas eu de cas d’infection au VIH observé. Les deux personnes avec un nouveau diagnostic du VHC ont rapporté être membres de la communauté HARSAH et avoir déjà eu des rapports sexuels non protégés et un individu a aussi en plus rapporté l’utilisation de drogues récréatives. Les deux individus étaient asymptomatiques au moment du diagnostic et les infections ont été détectées lors de tests de laboratoire de routine. En conclusion, d’après les auteurs de l’étude, la faible incidence d’infections au VHC malgré les plus hauts taux significatifs observés pour les autres ITSS suggère que la transmission sexuelle du VHC est relativement peu courante chez les HARSAH séronégatifs au VIH utilisateurs de PrEP dans cette communauté. La surveillance de routine du VHC parmi les utilisateurs de PrEP devrait être évaluée, selon les auteurs. Par ailleurs, la très forte incidence des autres ITSS observée dans cette population devrait inciter à un contrôle rigoureux des ITSS périodiques parmi ceux recevant la PrEP. – voir schéma ci-dessous pour le récapitulatif
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