Dans cet article paru dans la revue AIDS (Thornhill, J. P., & al., 2023), les auteurs présentent les résultats provenant d’une large cohorte de personnes traitées au cours d’une infection aigüe par le VIH et ont examiné l’impact du délai existant entre l’acquisition du VIH-1 et l’initiation du traitement antirétroviral (TAR) sur les résultats cliniques des participants. Les individus (issus de la cohorte HEATHER et recrutés dans quatre cliniques et hôpitaux de Londres au Royaume-Uni) répondant aux critères d’une infection primaire par le VIH et ayant commencé le traitement antirétroviral (TAR) dans les trois mois suivant le diagnostic confirmé du VIH-1 ont donc été inclus entre 2009 et 2020. Les caractéristiques démographiques au démarrage de l’étude de ceux diagnostiqués entre 2009 et 2015 (avant la disponibilité de la prophylaxie préexposition (PrEP) et de la TAR universelle) et entre 2015 et 2020 (après la mise à disponibilité de la PrEP et de la TAR universelle) ont été comparées. Les chercheurs ont aussi examiné les facteurs associés au rétablissement des fonctions immunitaires et au temps écoulé jusqu’à la suppression virale.
Chaque jour de retard réduit les chances de normaliser les fonctions immunitaires
Selon les résultats, il y a eu 204 individus inscrits à l’étude – soit 144 entre 2009 et 2015 et 90 entre 2015 et 2020. Au moment de la primo-infection, l’âge moyen des participants était de 33 ans, 4 % étaient des femmes, 39 % étaient nés au Royaume-Uni et 84 % étaient des HARSAH. La proportion d’individus nés au Royaume-Uni était de 47 % entre 2009 et 2015, comparativement à 29 % entre 2015 et 2020. Les concentrations moyennes d’ARN du VIH-1 « pré-TAR » étaient de 5,3 log10 copies par ml, alors que le ratio CD4/CD8 moyen était de 0,35 et le compte de CD4 moyen était de 507. La TAR a été démarrée en moyenne 28 jours suivant la primo-infection. 202 individus (99 %) ont atteint une charge virale du VIH-1 inférieure à 200 copies par ml, et parmi ceux-ci, 198 (97 %) ont atteint une charge virale du VIH-1 inférieure à 50 copies par ml au cours d’une période de suivi moyenne de 33 mois. Le temps moyen pour atteindre une charge virale du VIH-1 < 200 copies par ml était de 115 jours, et pour une charge virale du VIH-1 < 50 copies par ml, il était de 162 jours. Il existait une association entre le début plus précoce de la TAR à la suite du diagnostic de primo-infection et un rétablissement accru des fonctions immunitaires : chaque jour de retard dans le démarrage de la TAR a été associé à une probabilité plus faible d’atteindre un taux de CD4 > 900 cellules/mm³ et un rapport CD4/CD8 > 1,0. Chaque jour où la TAR a été retardée au cours de la primo-infection a réduit les chances de normalisation des marqueurs de la fonction immunitaire. En conclusion, l’initiation précoce d’une TAR à la suite du diagnostic d’une infection primaire par le VIH a été associée au rétablissement des fonctions immunitaires renforcé, fournissant ainsi des preuves supplémentaires en faveur d’une TAR immédiate administrée dans le contexte d’une infection primaire par le VIH. Les HARSAH nés hors du Royaume-Uni représentent une proportion croissante des cas d’infection primaire ; les stratégies de prévention du VIH-1 au Royaume-Uni devraient mieux cibler ce groupe, selon les chercheurs.
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Crédit photo : NIAID
