Avant l’avènement de la thérapie antivirale à action directe (AAD) pour le virus de l’hépatite C (VHC), une grande proportion de reins provenant de donneurs présentant une virémie de l’hépatite C étaient rejetés. Maintenant, le VHC peut désormais être éradiqué grâce à un traitement efficace comprenant des AAD qui résulte en d’excellents taux de séronégativité. Dans cette étude (Gillis, B., & al., Experimental and Clinical Transplantation, 2024), les auteurs passent en revue les résultats cliniques relatifs à des reins infectés par l’hépatite C qui ont par la suite été transplantés chez des receveurs naïfs traités par AAD.
Dans cette étude observationnelle rétrospective, les chercheurs ont examiné les reins de six donneurs décédés présentant une virémie à l’hépatite C (avec charges virales dans le sang), lesquels ont été transplantés ensuite chez des receveurs naïfs à l’hépatite C, et ce, entre mars 2020 et avril 2021 dans un seul centre situé en Virginie Occidentale (États-Unis). Les patients ont été traités pour le VHC avec 300mg/120mg de glécaprevir/pibrentasvir pendant huit semaines après une séroconversion post-transplantation. Le critère de jugement principal était la séroconversion virale ; les critères de jugement secondaires comprenaient la fonctionnement du greffon, les complications post-transplantation et la mortalité toutes causes confondues.
Taux de survie des greffons de 100 %
Selon les résultats, en moyenne, les patients ont présenté une séroconversion six jours (quatre à dix jours) après la transplantation et ont commencé le traitement 26 jours (15 à 37 jours) après la séroconversion. Un traitement antiviral de huit semaines a été efficace pour prévenir l’infection aiguë par le virus de l’hépatite C chez tous les patients. La moyenne du taux de créatinine post-transplantation était de 1,96 mg/dL (1 à 4,55 mg/dL), tandis que le débit de filtration glomérulaire estimé moyen (DFGe moyen – mesure indiquant l’efficacité avec laquelle les reins accomplissent le filtrage des déchets dans le sang) était de 41,33 mL/min/1,73 m2 (17 à 85 mL/min/1,73 m2). Le taux de survie des patients était de 66,7 %, et le taux de survie des greffons excluant les décès était de 100 %. Deux patients sont décédés pour des raisons non liées : l’un d’une insuffisance respiratoire aiguë secondaire à une infection par le SARS-CoV-2 et l’autre d’un trouble (syndrome) lymphoprolifératif post-transplantation. Deux patients ont développé un rejet du greffon post-transplantation (l’un d’entre eux a développé un rejet médié par les anticorps, et l’autre a développé un rejet cellulaire médié par les lymphocytes T) – ces deux patients ont cependant été traités avec succès, sans séquelles, comme entre autres avec des stéroïdes et de l’immunoglobuline en intraveineuse. D’autres complications majeures comprenaient la neutropénie (diminution de nombre de neutrophiles), l’éruption fongique, l’infection par le SARS-CoV-2, le cytomégalovirus, le virus BK et la réactivation du virus d’Epstein-Barr.
En conclusion, l’utilisation dans le contexte de la transplantation, de reins provenant de donneurs présentant une virémie de l’hépatite C, représente une option sûre et offre un grand potentiel pour augmenter le pool de donneurs de reins, selon ce que concluent les auteurs de l’étude.
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