Plusieurs études ont rapporté une association significative entre l’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) et le développement de maladies cardiovasculaires (MCV), telles que l’infarctus du myocarde (IM), la coronaropathie (maladie coronarienne), les lésions myocardiques et les arythmies cardiaques. Plusieurs méta-analyses ont de même indiqué que l’infection par le VHC était associée à l’athérosclérose de l’artère carotide, à une augmentation de la morbidité et de la mortalité cardiovasculaires, ainsi qu’à une augmentation du risque de développement d’accidents vasculaires cérébraux (AVC).
L’élimination du VHC est rendue possible grâce aux traitements par antiviraux à action directe (AAD) qui permettent au patient de guérir et d’atteindre la réponse virologique soutenue (RVS). L’atteinte de la RVS a d’ailleurs été associée à une diminution des risques de manifestations extra-hépatiques. Cependant, les impacts des AAD sur les résultats cardiovasculaires des patients sont toujours discutés. À ce sujet, selon les résultats d’une étude publiée dans IJC Heart & Vasculature (Jaiswal, V., & al., 2023), les personnes atteintes d’hépatite C qui reçoivent un traitement antiviral (TAV) ont un risque plus faible de développer des maladies cardiovasculaires (MCV) par rapport à celles qui ne reçoivent pas ce type de traitement (sans traitement antiviral ou STAV).
Dans le cadre de cette étude, Bandyopadhyay D. (du New York Medical College, Westchester Medical Center) et ses collègues ont mené une méta-analyse afin de mieux comprendre l’impact du TAV pour l’hépatite C sur les résultats cardiovasculaires des individus. En utilisant les bases de données provenant de PubMed, Embase et Scopus, les chercheurs ont identifié plusieurs études d’intérêt qui ont été publiées jusqu’en mars 2023. Le principal paramètre recherché mesuré était l’occurrence globale des MCV, avec comme paramètres secondaires : la mortalité toutes causes confondues, les AVC, les maladies artérielles périphériques (MAP) et les IM.
Le TAV associée à un risque plus faible de développer tous types de MCV
Au total, la population d’étude comprenait 394 452 personnes atteintes d’hépatite C, dont 111 076 pour le groupe TAV et 283 376 pour le groupe STAV. L’âge moyen dans les deux groupes était similaire, à savoir autour de 58 ans. Au total, huit études ont rencontré les critères d’éligibilité. Les comorbidités les plus fréquemment rencontrées parmi les groupes TAV et STAV étaient l’hypertension (31 % contre 29 %) et le diabète sucré (17 % contre 22 %). L’analyse combinée des différents résultats pour le critère d’évaluation principal a montré que le TAV était associée à un risque plus faible de développer tous types de MCV (HR = 0,55), et ce, en comparaison avec les individus du groupe STAV. Les paramètres (ou critères) secondaires, comprenant le risque de mortalité toutes causes confondues (HR = 0,38), d’IM (HR = 0,62) et d’artériopathie périphérique (HR = 0,62) étaient significativement plus faibles parmi les individus du groupe TAV comparés à ceux du groupe STAV. Cependant, le risque d’AVC était comparable entre les deux groupes de patients (HR = 0,79). Ceci dit, il était significativement plus faible pour le groupe TAV, si les chercheurs excluaient une des études sélectionnées en particulier (à savoir : Lam, L., & al., Pharmacoepidemiology and Drug Safety, 2022).
En conclusion, l’analyse a montré que les patients infectés par le VHC qui avaient suivi un TAV présentaient un risque significativement plus faible de MCV, d’IM, de décès toutes causes confondues et de MAP, en comparaison avec les groupes de patients STAV.
Pour information, selon les auteurs, le TAV n’est pas seulement bénéfique pour la réduction des événements cardiovasculaires, mais elle a également aussi des résultats favorables dans la réduction d’autres complications reliées à l’infection par le VHC, telles que : la cryoglobulinémie mixte, la porphyrie cutanée tardive, la glomérulonéphrite et d’autres pathologies associées comme les maladies rénales terminales, la rétinopathie et le lymphome non hodgkinien.
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