Le VIH et le VHC partagent des voies de transmission similaires, comme la transmission par le partage de seringues et d’autres matériels d’injection contaminés par du sang, en particulier pour le VHC, dont la transmissibilité par cette voie est approximativement dix fois plus élevée que celle du VIH. En revanche, la transmissibilité par voie sexuelle ainsi que les taux de transmission verticale sont nettement plus faibles pour le VHC. Selon les données, les probabilités d’infection par le VHC sont environ six fois plus élevées chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) que dans la population séronégative pour le VIH. Outre les personnes utilisatrices de drogues par injection (PUDI), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HARSAH) constituent une population à risque accru. La co-infection par le VIH accélère également la progression vers la fibrose hépatique, la maladie hépatique terminale, le carcinome hépatocellulaire et le décès.
Dans cette étude (Ivanusic, D., & al., BMC Infectious Diseases, 2025), les chercheurs ont suivi et analysé, en Allemagne, des personnes ayant reçu un nouveau diagnostic d’infection par le VIH-1 afin de détecter une infection active ou résolue par le VHC sur une période de plus de dix ans. Un élément central de la surveillance du VIH en Allemagne est la notification des nouveaux diagnostics du VIH. Des échantillons sanguins résiduels – sous forme de gouttes de sérum ou de plasma séchées (DSS/DPS) sur papier filtre, provenant de 16 539 personnes ayant reçu un nouveau diagnostic de VIH-1 entre 2009 et 2019 ont été analysés pour la détection de l’antigène du VHC et/ou des anticorps anti-VHC (Robert Koch Institute). Les cas réactifs ont fait l’objet d’analyses complémentaires afin de déterminer la présence d’une infection active (ou ARN-VHC positif) ou résolue par le VHC (ou ARN-VHC négatif). Les résultats ont été examinés conjointement avec les informations sociodémographiques issues des formulaires de déclaration.
Résultats
La population étudiée était majoritairement composée d’hommes (80,3 %, ou 13 285/16 539). Le mode de transmission le plus fréquemment rapporté était les rapports sexuels entre hommes (HARSAH; 55,3 %, ou 9153/16 539), suivi par les rapports hétérosexuels (23,8 %, ou 3931/16 539). Au total, 605/16 539 (3,7 %) correspondaient à des échantillons provenant de PUDI. Parmi 15 841 DSS/DPS analysés issus de nouveaux diagnostics d’infection par le VIH-1, 57,6 % (ou 9128/15 841) des individus étaient originaires d’Allemagne, 34,7 % (ou 5503/15 841) étaient non-Allemands et, pour 7,6 % (ou 1210/15 841), l’information relative au pays d’origine était inconnue.
Les auteurs ont réussi à dépister/tester les 16 539 échantillons issus de nouveaux diagnostics d’infection par le VIH-1 pour la présence d’antigène du VHC (protéine de capside du VHC) ou d’anticorps anti-VHC – grâce à la méthode de diagnostic Monolisa Ag-Ab Ultra V2, BioRad. Au total, 1062 échantillons se sont révélés réactifs et 44 d’entre eux ont été considérés comme faussement réactifs, aboutissant à un total de 1018 cas présentant un antigène du VHC, des anticorps anti-VHC, ou les deux, représentant l’ensemble des co-infections actives ou résolues par le VHC parmi les 16 539 échantillons analysés – correspondant à une séroprévalence de 6,2 %. Du matériel permettant l’extraction d’ARN était disponible pour 917 de ces cas. L’ARN-VHC a été détecté par PCR dans 67 % des cas (ou 614/917). Ainsi, 33 % (ou 303 cas) des personnes nouvellement diagnostiquées avec une infection par le VIH-1 entre 2009 et 2019 avaient résolu une infection antérieure par le VHC – avec une augmentation significative depuis l’introduction des AAD en 2012 (pTrend_2012-2019 = 0,028), atteignant 48,2 % en 2019.
Sur l’ensemble des groupes
Au total, 82,8 % des échantillons analysés provenaient d’HARSAH, de personnes ayant des pratiques hétérosexuelles et de PUDI. Les différences les plus marquées ont été observées dans le groupe des PUDI : bien que seulement 3,7 % (605/16 539) des échantillons analysés provenaient de PUDI, 43,8 % (ou 446/1018) des cas de VHC positifs, actifs ou résolus, ont été identifiés dans ce groupe. Les échantillons provenant de PUDI étaient également les plus fréquents parmi tous les cas d’infection VHC résolue rapportés dans l’ensemble des groupes (soit 40,9 %, ou 124/303).
Au sein de chacun des groupes
La proportion de cas actifs et résolus de VHC était de loin la plus élevée au sein des PUDI, avec 73,7 % (446/605 des PUDI), et la plus faible au sein du groupe HARSAH (2,6 %, ou 235/9153 des HARSAH). Les PUDI présentaient la plus faible proportion d’infections résolues pendant la période d’étude (29,4 %, ou 124/421 cas), tandis que les HARSAH affichaient la plus élevée (40 %, ou 76/190). La proportion de cas actifs et résolus chez les personnes d’origine non allemande était plus élevée que chez celles d’origine allemande (8,8 % contre 4,3 % ; p < 0,001), alors que la proportion d’infections à VHC résolues était plus faible (27,8 % contre 34,0 % ; p = 0,027).
Conclusion
La prévalence moyenne des cas présentant une infection par le VHC en cours ou résolue dans cette étude portant sur une population coinfectée VIH/VHC était de 6,2 %, une valeur environ vingt fois supérieure à la séroprévalence du VHC de 0,3 % rapportée dans la population générale, sur la base d’analyses d’échantillons collectés entre 2008 et 2011 en Allemagne. Cependant, la proportion d’infections par le VHC résolues parmi les personnes nouvellement diagnostiquées pour le VIH-1 a augmenté après l’introduction des antiviraux à action directe (AAD) en Allemagne. La prévalence élevée du VHC et la faible proportion d’infections résolues mettent en évidence l’existence de besoins diagnostiques et thérapeutiques non satisfaits chez les PUDI. La proportion plus élevée de cas actifs et résolus observée chez les individus d’origine non allemande requiert tout particulièrement une attention accrue en matière de santé publique.
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XLG
