Le dépistage du virus de l’hépatite C (VHC) déployé à large échelle est nécessaire pour que le Canada puisse atteindre ses objectifs d’élimination du VHC d’ici 2030. Les personnes utilisatrices de drogues par injection (PUDI passées ou actuelles) présentent un risque élevé de contracter le VHC, du fait, entre autres, du partage du matériel d’injection. En Ontario, l’utilisation de drogues par injection a en effet été identifiée comme le principal facteur de risque pour les infections au VHC nouvellement acquises (55,7 % des cas de VHC), laissant sous-entendre la nécessité et l’urgence de mettre en place un accès direct à la prévention, au dépistage et au traitement du VHC pour les PUDI.
Le traitement par agonistes opioïdes (TAO), telle que la méthadone et la buprénorphine-naloxone pour le traitement du trouble lié à l’usage d’opioïdes (TUO), a été démontré comme aidant à stabiliser la vie des personnes dépendantes des opioïdes. L’offre et la distribution du TAO en Amérique du Nord nécessite généralement des visites cliniques quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles, proposant ainsi une opportunité d’engagement, de dépistage et de traitement pour ceux présentant un risque élevé d’infection au VHC. Le réseau VIRCAN, qui supporte les centres de traitement communautaires à Toronto tout au long du continuum de soins, du diagnostic au traitement, jusqu’à la guérison, a développé des partenariats avec 24 cliniques délivrant le TAO, à travers l’Ontario, afin de justement pouvoir intégrer les tests et soins reliés au VHC dans leurs cliniques. Les cliniques affiliées à VIRCAN ont pu donc recevoir des tests de dépistage gratuits et une formation pour conduire le dépistage des anticorps, par exemple.
Dans cette étude (Wolfson-Stofko, B., & al., Journal of Viral Hepatitis, 2024), le dépistage du VHC a été réalisé par le personnel des cliniques de TAO en Ontario de 2016 à 2020, et les personnes présentant des infections chroniques (résultat positif à l’ARN-VHC) ont été traitées sur place avec des antiviraux à action directe (AAD). Des tests de dépistage au point de service ou par analyse de gouttes de sang séché (GSS) ont été réalisés pour la détection des anticorps (Ac), alors que des échantillons de GSS ou de sérum (liquide sanguin) ont été utilisés pour tester l’ARN du VHC (ARN-VHC), et enfin du sérum a été utilisé pour détecter l’ARN-VHC à RVS12 (réponse virologique soutenue, 12 semaines après traitement).
97 % de guérison virologique
Selon les résultats, les cliniques ont pu dépister 1954 personnes (d’âge moyen de 40 ans ±12 ans, et 63 % étaient des hommes). 45 % étaient positifs aux anticorps (870), parmi lesquels 94 % (817) ont complété le dépistage d’ARN-VHC et 64 % (477) étaient positifs pour l’ARN-VHC. 80 % (325) des personnes positives pour l’ARN-VHC ont pris rendez-vous, et 99 % (322) d’entre elles ont assisté à ce rendez-vous. 96 % (295) ont commencé un traitement, et parmi ces personnes, 87 % (230) l’ont terminé. 68 % (125) des personnes ayant terminé le traitement ont fourni un échantillon pour le test RVS12, dont 97 % (121) ont obtenu une guérison virologique.
En conclusion, les résultats suggèrent que le dépistage et le traitement du VHC dans les cliniques délivrant le TAO sont réalisables, efficaces et méritent d’être étendus. Les données suggèrent de même une forte observance du traitement en raison des taux élevés de RVS12, ce qui est comparable à d’autres programmes de traitement du VHC basés sur le TAO.
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