L’adoption de la prophylaxie préexposition au VIH (PPrE ou PrEP) – à savoir le traitement préventif contre le VIH incluant la combinaison ténofovir disoproxil fumarate et emtricitabine (TDF/FTC), a été caractérisée, dans une étude menée dans neuf provinces canadiennes (Popovic, N., & al., étude épidémiologique, RMTC, 2025). La période d’étude correspondait à la tranche 2018-2021 et visait les utilisateurs de PPrE âgés de plus de 15 ans. Les deux mesures phares permettant de caractériser l’adoption de la PPrE sur les quatre années ont été :
- le nombre d’utilisateurs de PPrE (estimations annuelles). La prévalence d’utilisateurs de PPrE a été quant à elle mesurée en nombre d’utilisateurs de services de prévention du VIH pour 100 000 habitants. Les données ont été stratifiées par sexe, par groupe d’âge et par province au cours de la période d’étude.
- les ratios PPrE-aux-besoins ont été examinés et comparés. Les ratios de PrEP-aux-besoins correspondent au nombre de personnes séronégatives utilisant la PPrE-VIH chaque année pour chaque personne nouvellement diagnostiquée comme étant séropositive (ou encore le rapport entre le nombre d’utilisateurs de la PPrE-VIH et le nombre de personnes diagnostiquées avec le VIH au cours de la même année).
Résultats : plus d’utilisateurs de PPrE en 2021 qu’en 2018
Le nombre d’utilisateurs de PPrE était de (incluant la prévalence pour 100 000 personnes-années ou PA) : 13 222 en 2018 (40,3), 19 689 en 2019 (59,1), 20 771 en 2020 (62) et 23 644 en 2021 (69,9). En fait, il y a eu 1,8 fois plus d’utilisateurs de PPrE en 2021, par rapport à 2018. Le ratio PPrE-aux-besoins a été quant à lui de : 7,2 en 2018, 12 en 2019, 15,4 en 2020 et 16,8 en 2021. Ces ratios représentent chacun le nombre de personnes qui ont utilisé la PPrE pour chaque personne nouvellement diagnostiquée. Il était 2,3 fois plus élevé en 2021 qu’en 2018, et il faut savoir que le recours à la PPrE a été plus important pour les personnes de sexe masculin que pour les personnes de sexe féminin sur les quatre années (98 %). Le nombre de nouveaux diagnostics du VIH et les taux de nouveaux diagnostics du VIH ont été, pour chaque année de : 1839 et 5,6 (2018),1646 et 4,9 (2019), 1351 et 4 (2020), 1406 et 4,2 (2021). En 2021, l’utilisation de la PPrE, de même que le ratio, ont été les plus importants pour la classe d’âge des 30-39 ans – prévalence de 179,1 pour 100 000 PA et ratio de 19,3.
En comparant les provinces en 2021, la prévalence de l’utilisation de la PPrE (n/100 000) a été la plus importante pour la Colombie-Britannique (107,6), l’Ontario (74,1) et le Québec (61,5). Cependant, le ratio PPrE-aux-besoins a été plus élevé en Colombie-Britannique (37,7), à Terre-Neuve-et-Labrador (29,5) et au Nouveau-Brunswick (27).
Graphique ci-dessous issu de l’étude : ratios PPrE-aux-besoins pour chaque province et chaque année de la période d’étude
Conclusion et explication des résultats
En conclusion, au Canada (pour les neuf provinces représentées dans l’étude), l’utilisation de la PPrE anti-VIH a progressivement augmenté de 2018 à 2021. La classe d’âge la plus représentée pour 2021 a été celle des 30-39 ans. L’utilisation de la PPrE-VIH a été largement plus élevée chez les hommes selon les résultats rapportés et cette différence serait expliquée par l’utilisation plus élevée de la PPrE-VIH chez les gbHARSAH (gais, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Par ailleurs, il faut savoir que la couverture de la PrEP, selon les auteurs, est différente d’une province à une autre, en fonction des politiques mise en place, et ces politiques ont été mises en place à des instants t différents, ce qui peut en partie expliquer des différences observées dans la prévalence de l’utilisation de la PrEP ainsi que dans les ratio PPrE-aux-besoins.
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À consulter également : infographie illustrant les données pour 2019-2022
Une infographie a été publiée par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) qui révèle, pour la période 2019-2022 et pour les mêmes neuf provinces canadiennes analysées dans l’étude épidémiologique faite pour 2018-2021, les tendances observées dans l’utilisation de la PPrE-VIH. Le document réajuste aussi les données de 2019, 2020 et 2021 et ajoute les données de l’année 2022. Selon les données, la prévalence annuelle estimée de l’utilisation de la PPrE-VIH (pour 100 000 personnes) pour le Québec a été de 50 en 2019, 55 en 2020, 62 en 2021 et 75 en 2022. Pour l’ensemble des neuf provinces d’études, elle a été (données réajustées par rapport à l’étude précédente) de : 61 (2019), 64 (2020), 74 (2021) et 89 (2022).
Par ailleurs, selon le document, la PPrE-VIH, en 2022, a principalement été utilisée par les hommes (98 %). Le taux d’utilisation de la PPrE-VIH chez les hommes a été de 175 par 100 000 personnes et de 4 par 100 000 personnes chez les femmes.
Consulter l’infographie.
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