Une prise de poids excessive a été associée à des régimes thérapeutiques intégrant des inhibiteurs de l’intégrase (INI ou INSTI) et du ténofovir alafénamide associé à l’emtricitabine (TAF/FTC). De plus, comparativement à d’autres schémas thérapeutiques, ces études ont également montré que les femmes et les personnes afro-américaines étaient disproportionnellement affectées par les variations pondérales sous traitement antirétroviral contenant un INSTI. Il faut aussi savoir qu’il y a un nombre croissant de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en situation de surpoids ou d’obésité.
À ce propos, l’étude ACTG A5391 visait justement à évaluer si un switch vers un régime comprenant de la doravirine (DOR ; inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse, INNTI), associée ou non au fumarate de ténofovir disoproxil (TDF), pouvait modifier le poids chez des PVVIH et en situation d’obésité suivant à la base un régime INSTI+TAF. Les résultats de l’étude ont été présentés à l’occasion de la 13e conférence de l’IAS (International AIDS Society) sur la science du VIH, qui s’est déroulée du 13 au 17 juillet derniers, à Kigali (Rwanda).
Il s’agit d’un essai randomisé (appelé « DO-IT ») de phase IV, ouvert, multicentrique, en trois bras, d’une durée de 48 semaines, visant à évaluer si le passage d’un INSTI – bictégravir (BIC ou B), dolutégravir (DTG) ou raltégravir (RAL), associé au TAF/FTC vers un régime à base de DOR+TAF/FTC ou de DOR+TDF/FTC, entraînait une différence intergroupes ≥ 5 points de pourcentage de variation du poids corporel (effet cliniquement significatif), comparativement à la poursuite de l’association INSTI+TAF/FTC en cours.
Résultats de l’essai
Selon les résultats rapportés, 145 participants aux États-Unis ont été randomisés (en proportion 1:1:1) pour un switch vers DOR+TAF/FTC (n = 47) ou DOR+TDF/FTC (n = 49), ou pour poursuivre le traitement en cours (n = 49).
À l’inclusion :
- l’âge médian était de 49 ans ;
- l’IMC était de 34,9 kg/m² ;
- la durée moyenne sous le traitement INSTI (BIC, DTG ou RAL)+TAF/FTC était de 3,4 ans ;
- 49 % des participants étaient des femmes, 53 % étaient afro-américains et 18 % hispaniques/latinos.
La variation moyenne estimée du poids à 48 semaines était de :
- – 0,47 % (- 2,09 à 1,14) dans le bras DOR+TAF/FTC,
- – 2,73 % (- 4,22 à – 1,23) dans le bras DOR+TDF/FTC,
- – 1,84 % (- 3,37 à – 0,30) dans le bras INSTI+TAF/FTC.
La différence moyenne estimée entre un régime comprenant la DOR et un autre avec INSTI – tous deux associés à TAF/FTC, était de +1,36 point de pourcentage (p = 0,23), et celle entre DOR+TDF/FTC et INSTI+TAF/FTC était de −0,89 point de pourcentage (p = 0,41). Les limites de l’IC à 97,5 % pour les différences de traitement sur le poids corporel étaient < 5 points de pourcentage. Il n’y avait pas de preuve d’interaction entre les effets du traitement et les sous-groupes, y compris selon le sexe ou l’origine culturelle. Concernant la densité minérale osseuse (BMD) de la hanche, les différences moyennes estimées étaient de +0,78 point de pourcentage (p = 0,19) pour DOR+TAF/FTC vs. INSTI+TAF/FTC, et de −0,64 point de pourcentage (p = 0,27) pour DOR+TDF/FTC vs. INSTI+TAF/FTC. La variation médiane observée de la clairance de la créatinine (indicateur de la fonction rénale) était de 4,9 % dans le bras DOR+TAF/FTC, de 7,4 % dans le bras DOR+TDF/FTC et de 0,4 % dans le bras INSTI+TAF/FTC.
Conclusion : pas de changement
Chez les PVVIH et en situation d’obésité, le passage d’un schéma à base d’INSTI+TAF/FTC vers un autre comprenant DOR/FTC, associé soit à TAF soit à TDF, n’a pas entraîné de modification pondérale significative après un an, y compris chez les femmes et les afro-américains.
Voir résumé OAB0206LB A5391 de l’IAS dans JIAS.
Voir autre résumé.
Voir les diapositives (IAS 2025) : OAB0206LB_Koethe
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