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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
20 janvier 2022
Une équipe de chercheurs a mené une étude (Rial-Crestelo, D., & al., JAIDS, 2021) sur les taux d’infection, les résultats cliniques ainsi que l’évolution de la COVID-19 au sein d’une cohorte de personnes vivant avec le VIH (PVVIH) en Espagne, durant la première année de la pandémie – de mars 2020 à février 2021. C’est une étude monocentrique (à savoir concentrée sur un seul site) conduite à l’Hôpital Universitario 12 de Octubre de Madrid, dans laquelle ont été inclus des PVVIH (de plus de 18 ans) et dont une proportion présentait une infection au SARS-CoV-2. La maladie était confirmée lorsque le patient présentait un test antigénique (TAG) positif (permet de détecter les antigènes que produit le virus SARS-CoV-2), un test diagnostic de la COVID-19 par RT-PCR positif (test de transcription inverse suivie d’une réaction en chaîne de la polymérase en temps réel) ou une sérologie pour le SARS-CoV-2 positive (test sanguin qui vérifie la présence d’anticorps qui résulte d’une exposition passée ou récente à la COVID-19). On a aussi comparé les taux d’infection au sein de la population de PVVIH avec la population générale (Madrid).
Selon les résultats, sur 2344 PVVIH, 158 ont été diagnostiqués positifs au SARS-CoV-2 (taux d’infection de 6,74%) – avec 61 cas dits “suspectés” supplémentaires (taux de 9,34 %). En comparaison, le taux d’incidence était de 8,85 % dans la population générale à Madrid. 24,7 % des PVVIH diagnostiqués positifs au SARS-CoV-2 présentaient une forme de la maladie catégorisée comme modérée à sévère, 43,7 % présentaient quant à eux une forme de la maladie catégorisée comme légère et 31,6 % étaient asymptomatiques. L’hypertension (23,4 %) et l’obésité (15,8 %) ont été les comorbidités les plus observées alors que 12,7 % des patients avaient au moins deux comorbidités. 97,3 % des patients avaient une charge virale VIH inférieure à 50 copies/mL et seulement trois avaient un compte de cellules CD4 inférieur à 200 cellules/mm3 avant l’infection – si bien que l’étude n’a pas été en mesure d’établir des conclusions sur le lien entre la sévérité de la maladie et le compte de CD4. Parmi ceux admis à l’hôpital, 59 % ont eu besoin d’oxygène dont 15,4 % de ventilation mécanique invasive ou d’intubation endotrachéale. Cinq patients sont décédés (taux de mortalité de 3,16 % vs. 3,75 % dans la population générale). Aucun des patients qui prenaient du ténofovir disoproxil fumarate (TDF) n’a nécessité d’une admission à l’hôpital, a développé une forme sévère de la COVID-19 ou est décédé des suites de la maladie, ce qui pourrait laisser sous-entendre, selon les auteurs, que le TDF jouerait un « rôle protecteur ». Plusieurs facteurs tels que l’âge, le temps d’infection par le VIH ou la co-infection par le VHC ont été associés aux formes sévère et modérée de la COVID-19. Dans l’analyse multivariée, l’âge est resté le seul facteur indépendant pour la maladie à niveau modéré-sévère. Pour terminer, les auteurs ont observé que le taux d’infection observé chez les PVVIH était plus élevé que dans d’autres études mais que le pourcentage de PVVIH présentant une forme modérée ou sévère de la maladie et le taux de mortalité au sein de cette population étaient moins élevés que dans ce qui avait été rapporté dans les autres études. À la lumière de ces résultats, les auteurs de l’étude considèrent tout de même que les PVVIH représentent une population à risque de développer une forme sévère de la COVID-19.
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