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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
8 juillet 2022
L’infection au virus de l’hépatite C (VHC) est un problème de santé publique majeur qui est la cause de multiples comorbidités. Lorsque non traitée, l’infection au VHC peut conduire à une cirrhose, à un carcinome hépatocellulaire (CHC) puis au décès. L’usage de drogues injectables (UDI) est la principale voie de transmission du VHC dans les pays développés avec 20 millions de personnes utilisatrices de drogues injectables (PUDI). Les personnes incarcérées qui s’injectent des drogues intraveineuses sont à risque accru d’infection au VHC et par exemple en Espagne, l’infection au VHC est 15 fois plus prévalente parmi les prisonniers que dans le reste de la communauté. En effet, 1,6-2,6 % de la population espagnole est infectée au VHC et la séroprévalence du VHC dans les prisons du pays était de 22,7 % selon un sondage conduit en 2011. Par conséquent, les prisons représentent des réservoirs d’infection au VHC. L’objectif de cette étude (Tejera-Pérez, R. J., & al., Official journal of the Spanish Society of Chemotherapy, 2022) était en fait d’analyser les caractéristiques cliniques et épidémiologiques des personnes incarcérées en Espagne présentant une infection au VHC et qui avaient reçu un traitement antiviral. À cet effet, une étude observationnelle, descriptive et rétrospective a été conduite. Tous les patients avec une infection au VHC diagnostiquée ou suivis pour des maladies infectieuses au centre pénitencier de Topas et à l’hôpital CAUSA (Complejo Asistencial Universitario de Salamenca) entre janvier 2015 et décembre 2021, ont été inclus dans cette étude.
Selon les résultats, des 81 patients analysés, 69 (83,1 %) étaient des hommes. L’âge moyen était de 50,1 ans et 70 % des détenus avaient un historique d’injection de drogues. La co-infection au VIH a été détectée chez 30 % de la population incarcérée de l’étude. Or, la prévalence de l’infection au VIH chez les prisonniers en Espagne est de 10,8 % et la prévalence de la co-infection VIH-VHC en Espagne était de 3,7 % en 2018, une réduction de 83,3 % par rapport à 2015, depuis l’introduction des AAD, selon ce que rapporte l’article. Dans plus de 25 % de l’échantillonnage, il y avait des données de maladie de foie chronique au degré de la cirrhose du foie. 28 % des cas étudiés étaient infectés au VHC depuis plus de 15 ans (date du dernier diagnostic effectué) et pour 19,3 % des cas, depuis moins de cinq ans. Les décompensations provenant d’une maladie du foie, les hépatocarcinomes ou les admissions à l’hôpital étaient relativement rares parmi les participants. La plupart des détenus avaient complété leur traitement en achevant une réponse virologique soutenue (RVS), et ce, sans interactions ou complications. Ce travail impliquant 81 personnes incarcérées présentant de multiples pathologies, une co-infection au VIH et utilisant des drogues et qui avaient reçu un traitement avec antiviraux à action directe (AAD) contre le VHC, a montré une RVS chez plus de 93 % des patients, et ce, avec très peu d’effets secondaires. Selon les auteurs de cette étude, l’accessibilité aux AAD et leurs effets secondaires peu courants constituent en effet une opportunité pour réduire le fardeau que représente l’infection au VHC en Espagne, particulièrement au sein d’une population à haut risque comme la population carcérale.
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