Akero Therapeutics, une entreprise qui développe des traitements novateurs pour les patients atteints de maladies métaboliques graves associées à un besoin médical non satisfait élevé, a annoncé les résultats préliminaires de l’analyse intermédiaire à 96 semaines (96S) de l’étude SYMMETRY. Il s’agit d’une étude de phase 2b qui évalue l’efficacité et la sécurité de l’efruxifermine (EFX) chez des patients atteints de cirrhose compensée (stade F4), de classe Child-Pugh A, confirmée par biopsie, due à une stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH).
La MASH
Pour rappel, la MASH (Inserm, 2024) est une forme plus grave de la maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD). La MASLD est en fait caractérisée par un excès de gras dans le foie, lequel s’il continue à s’accumuler, fait place à une inflammation qui s’installe et qui est appelée hépatite. On parle alors plus précisément de MASH, qui est donc causée par une inflammation du foie. Dans ce cas, l’inflammation s’aggrave avec le temps et peut évoluer vers la fibrose du foie (cicatrisation hépatique), voire vers une cirrhose (cicatrisation avancée), avec un risque de cancer hépatique (hépatocarcinome).
L’EFX
L’efruxifermine EFX et un analogue bivalent du facteur de croissance fibroblastique 21 (FGF21 pour fibroblast growth factor 21) à longue durée d’action. Le FGF21 est une hormone peptidique majoritairement synthétisée dans le foie qui régule le métabolisme gluco-lipidique. L’EFX a été conçu pour réduire la graisse et l’inflammation hépatiques, renverser la fibrose, augmenter la sensibilité à l’insuline et améliorer les valeurs lipidiques (L’Observateur des médicaments émergents 2023). Il est administré par voie sous-cutanée. L’EFX réduit les niveaux de collagène présents dans les cicatrices du foie.
L’étude SYMMETRY
L’étude SYMMETRY de phase 2b est un essai clinique multicentrique, randomisé, mené en double aveugle, contrôlé par placebo et évaluant différentes doses chez des patients adultes atteints de cirrhose compensée confirmée par biopsie (F4, Child-Pugh A) due à une MASH. À la base, l’étude a recruté 181 patients, randomisés pour recevoir une injection sous-cutanée hebdomadaire de 28 mg (n = 57) / 50 mg (n = 63) d’EFX, ou un placebo (n = 61), et ce, pendant 36 semaines. À S36, le critère principal d’efficacité était la proportion de patients présentant une amélioration d’au moins un stade de la fibrose sans aggravation de la MASH. À S96, les critères secondaires évalués (ou paramètres d’évaluation secondaires) incluaient :
- une amélioration d’au moins un stade de la fibrose (atténuation de cette affection) sans aggravation de la MASH ;
- une résolution de la MASH ;
- une modification des taux d’enzymes hépatiques par rapport aux taux mesurés à l’inclusion ;
- une mesure de la quantité de marqueurs non-invasifs de fibrose hépatique ;
- une mesure du contrôle glycémique et des taux lipidiques (profil lipoprotéique) ;
- des mesures de la sécurité et de la tolérance du traitement.
Résultats
Selon les résultats, parmi les patients ayant subi une biopsie à l’inclusion et à S96 (n=134), 39 % des patients traités par EFX 50 mg (n=46) ont présenté une régression de la cirrhose (ou amélioration d’au moins un stade de la fibrose) sans aggravation de la MASH, contre 15 % dans le groupe placebo (n=47). Dans la population en intention de traiter (ITT) (n=181), en considérant toutes les biopsies manquantes à la S96 comme des échecs, 29 % des patients du groupe EFX 50 mg (n=63) ont présenté une régression de la cirrhose (ou amélioration d’au moins un stade de la fibrose) sans aggravation de la MASH, contre environ 12 % dans le groupe placebo (n=61).
Les résultats obtenus ici entre l’effet placebo et EFX pour le groupe 50 mg à S96 représentent en fait plus du double de ceux obtenus à S36 – 24 % vs. 10 %, ce qui souligne, selon les auteurs, le bénéfice d’un traitement prolongé par EFX pour les patients atteints de cirrhose compensée (F4). Voir aussi les résultats à S36.
Conçu pour imiter le profil d’activité biologique du FGF21, l’EFX est évaluée dans trois études de phase 3 en cours (SYNCHRONY). Dans plusieurs études de phase 2, il a déjà été observé que l’EFX inversait (améliorait) la fibrose, résolvait la MASH, réduisait les taux de marqueurs non-invasifs de la fibrose et des lésions hépatiques, et améliorait la sensibilité à l’insuline ainsi que le profil lipoprotéique.
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XLG
