Dans de précédentes études, le régime antirétroviral comprenant la formule dolutégravir/lamivudine (DOL/3TC) a démontré une efficacité puissante et une sécurité favorable à la fois chez les patients naïfs au traitement et chez les patients expérimentés au traitement antirétroviral. Cependant, les données en situation réelle concernant les personnes naïves au traitement présentant une virémie élevée restent limitées.
Les auteurs ont réalisé ici (Calza, L., & al., JAIDS, 2025) une étude de cohorte rétrospective sur des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) naïves de tout traitement antirétroviral, ayant une charge virale de l’ARN du VIH-1 (ARN-VIH-1) au départ de l’étude (à l’inclusion) comprise entre 100 000 et 500 000 copies/mL, et qui ont initié un traitement par DOL/3TC. L’efficacité virologique (proportion de patients présentant un succès virologique) et les changements des paramètres immunologiques (comptes de lymphocytes CD4+ et ratios de lymphocytes CD4+/CD8+) après 12 mois de traitement ont été évalués et comparés à ceux des PVVIH présentant une virémie élevée ayant débuté, pour leur part, une trithérapie antirétrovirale (incluant trois composants) sous forme de comprimé unique.
Résultats : succès virologique de 91,4 % après 12 mois de traitement
Selon les résultats, 58 patients et 50 autres ayant débuté respectivement un traitement par DOL/3TC et une trithérapie antirétrovirale (3ARV), ont été inclus dans l’étude. Dans le groupe DOL/3TC, l’âge moyen était de 43,4 ans et 49 patients (84,5 %) étaient des hommes. La charge virale moyenne de l’ARN-VIH-1 log10 à l’inclusion était de 5,4, et 21 patients (soit 36,2 % des patients) avaient une charge virale comprise entre 250 000 et 500 000 copies/mL. Le nombre moyen de lymphocytes CD4+ au départ de l’étude était de 488 cellules/mm³. Par ailleurs, 21 patients (36,2 %) avaient un nombre de lymphocytes CD4+ < 350 cellules/mm³, et 5 (8,6 %) présentaient un diagnostic de SIDA. Dans le groupe 3ARV, le traitement antirétroviral incluait les combinaisons suivantes : bictégravir / emtricitabine / ténofovir alafénamide chez 26 patients (52 %), doravirine / lamivudine / fumarate de ténofovir disoproxil chez 20 patients (40 %), et darunavir / cobicistat / emtricitabine / ténofovir alafénamide chez 4 patients (8 %).
Dans le groupe DOL/3TC :
- après six mois de traitement, la proportion de patients ayant obtenu un succès virologique était de 77,6 % (45/58) selon l’analyse en intention de traiter (ITT) et de 78,9 % (45/57) selon l’analyse per protocole (PP) ;
- après 12 mois, la proportion de patients ayant obtenu un succès virologique était de 91,4 % (53/58) selon l’analyse ITT et de 96,4 % (53/55) selon l’analyse PP.
Après 12 mois, cinq échecs thérapeutiques (8,6 %) ont été observés, à savoir : deux interruptions (3,4 %) dues à un échec virologique et trois interruptions (5,2 %) liées à des événements indésirables (ÉI) non graves. Après 12 mois de traitement, l’augmentation moyenne du nombre de lymphocytes T CD4+ était de +145 cellules/mm³, et le nombre de patients avec un nombre de lymphocytes T CD4+ > 350 cellules/mm³ est passé de 37 (63,8 %) à 51 (87,9 %). L’augmentation moyenne du ratio CD4+/CD8+ entre l’inclusion et le mois 12 (M12) était de +0,18.
En comparaison, dans le groupe 3ARV, les réponses virologiques et immunologiques à 12 mois étaient comparables à celles rapportées au sein du groupe DOL/3TC. La proportion de patients ayant obtenu un succès virologique était de 92 % (46/50) selon l’analyse en intention de traiter (ITT) et de 95,8 % (46/48) selon l’analyse per protocole (PP). Quatre échecs thérapeutiques (8 %) ont été observés, à savoir : deux interruptions (4 %) dues à un échec virologique et deux interruptions (4 %) liées à des ÉI non graves. Après 12 mois, l’augmentation moyenne du nombre de lymphocytes T CD4+ était de +167 cellules/mm³, et l’augmentation moyenne du ratio lymphocytes CD4+/CD8+ était de +0,21.
Dans le groupe DOL/3TC, au cours du suivi de 12 mois, aucun changement significatif dans les concentrations moyennes de cholestérol total, de cholestérol HDL (lipoprotéines à haute densité), de cholestérol LDL (lipoprotéines de faible de densité) et de triglycérides n’a été observé.
Aucun événement indésirable (ÉI) grave n’a été signalé au cours du suivi de 12 mois, et aucun événement clinique de grade 3 ou 4 ni aucune anomalie de laboratoire de grade 3 ou 4 n’ont été enregistrés dans les groupes DOL/3TC et 3ARV. Dans le groupe DOL/3TC, des ÉI ont été décrits chez 11 individus (18,9 %). Les ÉI les plus fréquents étaient des troubles du sommeil (5 patients ; 8,6 %), des diarrhées accompagnées d’inconfort abdominal (3 ; 5,2 %) et des céphalées (3 ; 5,2 %). Tous les ÉI rapportés étaient de grade 1 ou 2.
Conclusion
En résumé, cette étude a montré que le traitement antirétroviral combiné (TARc) initial avec un schéma à deux médicaments (bithérapie) DOL/3TC, pris en comprimé unique, s’est avéré efficace dans une cohorte de 58 PVVIH présentant une virémie de haut niveau à l’inclusion (ARN-VIH-1 > 100 000 et < 500 000 copies/mL). Des taux élevés de suppression virologique ont été observés (91,4 % dans l’analyse en ITT), accompagnés d’une augmentation significative du nombre moyen de lymphocytes CD4 (+145 cellules/mm³) après 12 mois de suivi. Seuls deux patients ont présenté un échec virologique confirmé, mais les tests de génotypage n’ont révélé aucune mutation associée à une résistance aux INI (inhibiteurs de l’intégrase) ou aux INTI (inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse).
Pour accéder à l’article d’origine, cliquez sur ce lien.
XLG
