Une injection hebdomadaire de sémaglutide (Ozempic®) s’est montrée sécuritaire et a réussi à réduire la quantité de graisses dans le foie (teneur en triglycérides intrahépatiques) de 31 % chez les personnes atteintes du VIH et de maladie hépatique stéatosique associée à un dysfonctionnement métabolique (MASLD), selon une présentation (Lake, J. E., & al., résumé 159) qui a été effectuée au cours de la 31e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2024) qui s’est déroulée du 3 au 6 mars à Denver (Colorado, États-Unis). La recherche (SLIM LIVER study) a été parrainée par l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (National Institute of Allergy and Infectious Diseases, NIAID), qui fait partie des Instituts Nationaux de la Santé (National Institutes of Health, NIH), et a été menée aux États-Unis ainsi qu’au Brésil par le groupe ACTG (AIDS Clinical Trials Group), un réseau mondial d’essais cliniques axé sur le VIH et d’autres maladies infectieuses.
Accumulation excessive de lipides dans les cellules du foie
La MASLD (anciennement appelée stéatose hépatique non alcoolique ou NAFLD) se caractérise par l’accumulation excessive de lipides (ou triglycérides) dans les cellules du foie ou hépatocytes (on parle de stéatose du foie ou stéatose hépatique) qui n’est pas causée par la consommation d’alcool ou l’hépatite virale (stéatose hépatique non alcoolique) – normalement, un foie sain comporte très peu de graisses. Au fil du temps, les dépôts de graisse peuvent provoquer une inflammation (hépatite) et des dommages cellulaires (lésions des membranes cellulaires), pouvant alors entraîner des maladies cardiovasculaires et hépatiques – on parle dans ce cas de stéatohépatite non alcoolique (MASH, anciennement NASH). La MASLD est également associée à l’obésité, au diabète de type 2 et à d’autres troubles métaboliques. Le sémaglutide est quant à lui un agoniste des récepteurs du peptide-1 de type glucagon.
Réduction moyenne de 31 % de la teneur en triglycérides intrahépatiques
L’étude pilote de phase 2b (ACTG A5371) a recruté des personnes atteintes du VIH et de MASLD âgées de 18 ans et plus, dont la charge virale était supprimée à des niveaux indétectables par une thérapie antirétrovirale (TAR). Sur les 49 participants inclus dans l’analyse, 40 (82 %) suivaient une TAR contenant un inhibiteur de transfert de brin de l’intégrase (INSTI ou INI). Les participants ont reçu des injections de sémaglutide de manière hebdomadaire à des doses croissantes jusqu’à atteindre une dose d’1 mg à la quatrième semaine (S4) et participaient à des visites fréquentes de surveillance de sécurité. À S24, l’équipe de recherche a évalué les changements dans la teneur en triglycérides intrahépatiques des participants en utilisant une IRM (imagerie par résonance magnétique) spécifiquement conçue pour mesurer la quantité de graisses dans le foie. Selon les résultats, les participants ont présenté une réduction moyenne de 31 % de la teneur en triglycérides intrahépatiques, avec 58 % des participants présentant une baisse d’au moins 30 % et 29 % des participants présentant une résolution complète de la MASLD, signifiant que leur teneur en graisses du foie ne représentait plus que 5 % ou moins de la teneur totale du foie. Ils ont également connu une perte de poids – la perte de poids moyenne étant de 7,8 kg à S24, une réduction de la glycémie à jeun (taux de glucose dans le sang) et une réduction des triglycérides à jeun. Le sémaglutide a été généralement bien toléré, avec un profil d’événements indésirables similaire à celui observé chez les personnes séronégatives. Les événements indésirables les plus fréquents étaient d’ordre gastro-intestinal et comprenaient des nausées, des diarrhées, des vomissements et des douleurs abdominales.
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