Le Biktarvy est une association de trois antirétroviraux : le bictégravir (BIC, inhibiteur de l’intégrase), le ténofovir alafénamide et l’emtricitabine (TAF/FTC, inhibiteurs nucléotidiques/nucléosidiques de la transcriptase inverse). Indiqué pour traiter le VIH et pris sous forme d’un seul comprimé pris une fois par jour, il peut également représenter une bonne option dans le cadre de la prophylaxie post-exposition (PPE), selon des résultats dévoilés lors de la 31e Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (CROI 2024) qui s’est déroulée du 3 au 6 mars à Denver (Colorado, États-Unis).
Cette nouvelle étude (Darrell, H. S. T., & al.) incluait 120 personnes ayant initié une PPE aux services d’urgence de Toronto dans les six derniers jours à la suite d’une exposition sexuelle confirmée ou potentielle au VIH. La plupart étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HARSAH), le groupe était diversifié sur le plan culturel et l’âge moyen était de 29 ans. Environ un quart d’entre eux avaient déjà utilisé une PPE au moins une fois auparavant. Pour être éligible à l’étude, les participants devaient déjà suivre une PPE au moment de l’étape de recrutement de l’étude et sur les 120 participants recrutés suivant une PPE, une seule personne présentait un diagnostic positif au VIH, et a donc été exclue de l’analyse pour donner un échantillon de 119 participants. Les participants ayant initié une PPE avec un autre schéma thérapeutique que le Biktarvy ont été orientés vers le Biktarvy pour le reste des 28 jours de leur traitement. La plupart (89 %) des participants avaient en fait initialement reçu une prescription pour prendre du dolutégravir (DTG) avec du TDF/FTC, deux avaient commencé avec du raltégravir (RAL) et du TDF/FTC et 11 avec du Biktarvy. Ils ont été répartis de manière aléatoire pour recevoir soit des suivis via des messages SMS (textos), soit des soins standard sans messages textes.
Observance pour la PPE élevée
D’après les résultats, les chercheurs ont constaté que l’observance pour la PPE avec Biktarvy était élevée : 88 % (soit 90 sur 102) des participants pour lesquels des données étaient disponibles ont déclaré avoir pris la PPE pendant au moins 28 jours. Douze personnes ont arrêté la PPE prématurément, principalement après 20 jours. La PPE était généralement bien tolérée. Les événements indésirables les plus fréquemment signalés étaient la fatigue, les nausées, la diarrhée et les maux de tête. Six personnes (10 %) ont signalé des événements indésirables modérés (de grade 2) ou plus graves, principalement une diarrhée. Aucune séroconversion au VIH n’a été observée parmi les 66 participants testés pour le VIH (ce qui représente 55 % des participants recrutés à l’initial) à 12 semaines (12S). Près d’un quart (28 participants) ont ensuite commencé la PrEP lors de leur dernière visite d’étude.
La PPE à base de Biktarvy s’est montrée sûre, a été bien tolérée et associée à une forte observance, sans séroconversion au VIH. Selon les chercheurs, ce schéma thérapeutique utilisé pour la PPE basé sur un comprimé unique comprenant un inhibiteur de l’intégrase est approprié.
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