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Articles scientifiques sous la loupe
2 décembre 2023
Pour les HARSAH, la transmission des ITS peut varier en fonction des lieux où les hommes rencontrent leurs partenaires sexuels, que ce soit dans des lieux directement en personne (c’est-à-dire dans les bars, les clubs, les salles de sport ou dans d’autres endroits physiques fréquentés par les HARSAH), via les plateformes de rencontre en ligne (sites Web ou applications mobiles) ou encore en maintenant des relations déjà établies avec des partenaires sexuels connus. D’ailleurs, rencontrer des partenaires sexuels en ligne a déjà été associé à un risque accru d’acquisition d’ITS (Beymer, M. R., & al.). À ce propos, les auteurs de cette présente étude (King, C. M. B., & al., Sexually Transmitted Infections, 2023) ont examiné si les différents lieux où les HARSAH rencontraient des partenaires sexuels étaient associés à une prévalence de l’infection à Chlamydia trachomatis (CT) et à Neisseria gonorrhoeae (NG), et si cette prévalence avait augmenté durant la pandémie de COVID-19. Pour ce faire, les chercheurs ont effectué une analyse sur des données extraites de la clinique de santé sexuelle « Good To Go » de San Diego (Californie, États-Unis) lors de deux périodes de recrutement : (1) de mars à septembre 2019 (période pré-COVID-19) et (2) de mars à septembre 2021 (période COVID-19). Cette analyse comprenait les hommes âgés de ≥ 18 ans déclarant avoir eu des rapports sexuels avec d’autres hommes dans les trois derniers mois précédant l’inscription. Les participants ont été catégorisés comme (1) rencontrant de nouveaux partenaires sexuels uniquement en personne (par exemple, dans les bars, les clubs), (2) rencontrant de nouveaux partenaires sexuels en ligne (par exemple, via des applications ou des sites Web) ou (3) entretenant des relations sexuelles uniquement avec des partenaires déjà connus.
Selon les résultats, parmi les 2546 participants, l’âge moyen était de 35,5 ans (18-79 ans). Globalement, la prévalence de CT et de NG était de 14,8 % et était plus élevée pendant la COVID-19 par rapport à la période pré-COVID-19 (17 % vs. 13,3 %). Les participants avaient rencontré des partenaires sexuels en ligne (56,9 %), en personne (16,9 %) ou n’avaient fréquenté que des partenaires sexuels connus (26,2 %) au cours des trois derniers mois. Comparativement au fait d’avoir fréquenté uniquement des partenaires sexuels déjà conus (dans les trois derniers mois), rencontrer des nouveaux partenaires sexuels en ligne a été associé à une prévalence plus élevée de présenter une infection à CT/NG (rapport des cotes ajusté RCa = 2,32), tandis que le fait de rencontrer des partenaires sexuels en personne n’a pas été associé à la prévalence d’une infection à CT et à NG (RCa = 1,59). L’inscription pendant la COVID-19 a été associée quant à elle à une prévalence plus élevée d’infection à CT/NG par rapport à la période pré-COVID-19 (RCa = 1,42). En conclusion, selon les auteurs de cette étude, la prévalence des infections à CT/NG semblait augmenter chez les HARSAH pendant la pandémie de COVID-19, et le fait de rencontrer des partenaires sexuels en ligne a aussi été associé à une prévalence plus élevée dans cette population, mais cette association n’a pas changé d’une période à l’autre (périodes pré-COVID vs. COVID).
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