Le rapport de recherche intitulé « PnP dans la diversité : situer la trajectoire de consommation des personnes pratiquant le chemsex pour mener des interventions sensibles et culturellement adaptées » a été publié et est disponible sur ce lien. Ce rapport présente les principaux résultats du projet de recherche « PnP dans la diversité », mené par la Chaire de recherche du Canada TRADIS (trajectoires, diversité, substances) et propose au final des pistes d’action en matière d’intervention et d’accompagnement des personnes pratiquant le chemsex (personnes utilisatrices de méthamphétamine et d’autres substances psychoactives associées dans un contexte sexuel) – à ce niveau, le rapport émet une liste de 12 recommandations.
La méthamphétamine occupe une place importante dans la pratique du chemsex
Pour ce faire, 64 entretiens semi-dirigés ont été menés entre le 13 octobre 2021 et le 28 juin 2022 auprès de personnes pratiquant le chemsex afin de connaître leur trajectoire de consommation, ainsi que leurs besoins et leurs expériences auprès des ressources de soutien. La majorité des participant.e.s résidaient sur l’île de Montréal (70,3 %), s’identifiaient comme des hommes cisgenres (81,3 %), avaient un âge moyen de 44 ans (au moment de l’entretien) et s’identifiaient comme homosexuel.le.s (81,3 %). Ce que nous révèle le rapport c’est que la méthamphétamine occupait une place importante dans la pratique du chemsex des participant.e.s, et note importante : 15,6 % d’entre eux ou d’entre elles ont témoigné ne pas connaître la substance au moment de l’initiation à la méthamphétamine (la première fois). Certains aspects de la culture gaie ont été mis en relief du fait qu’ils viennent aussi favoriser et encourager la consommation de méthamphétamine, comme le sont certains espaces dits sociosexuels tels que les saunas et les applications de rencontre, par exemple. Il est aussi mentionné que la pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement associées ont entraîné une augmentation de la consommation chez certains individus de l’étude. Certaines personnes ont vécu des périodes de diminution de la consommation, ou bien d’arrêt (de façon graduelle généralement), incluant des rechutes, lesquelles étaient courantes chez 57,8 % des personnes participantes. Le facteur le plus souvent associé à la rechute a été le fait d’être exposé à la consommation de méthamphétamine, selon le rapport. Les motivations quant à consommer de la méthamphétamine se catégorisaient comme suit : le plaisir sexuel (par ex. : augmentation du désir sexuel), la socialisation avec de nouvelles personnes, la gestion des émotions associées à des événements difficiles (par ex. : difficultés relationnelles) et la gestion des effets de la dépendance (par ex. : conserver les performances professionnelles).
Violences sexuelles
Par ailleurs, 18,75 % des participants ont témoigné de violences sexuelles vécues en contexte de chemsex (agressions sexuelles, exploitation sexuelle, coercition sexuelle, distribution non consensuelle d’images à caractère sexuel). Certains participants ont aussi confié avoir relevé des problématiques relatives à leur capacité à donner leur consentement sexuel ou à consommer du crystal meth. Des stratégies pour contrer ces violences sexuelles ont été partagées par les participants. 70,3 % des participants ont eu recours à des ressources de soutien : clinique médicale, centre public de traitement des dépendances, crystal meth anonyme, autres fraternités, centre privé de traitement des dépendances, organismes communautaires en santé sexuelle. Pour finir, le rapport met en avant dans ses « Perspectives d’intervention et d’action », 12 recommandations prioritaires pour améliorer les interventions auprès des personnes pratiquant le chemsex, mais aussi pour lutter à la stigmatisation pouvant affecter cette population. Celles-ci abordent le consentement sexuel, la sensibilisation concernant la pratique du chemsex, les formations à développer auprès des services de dépendance, la reconnaissance du chemsex comme un enjeu de santé publique, l’intégration des pairs aidants dans les ressources, la diversification de celles-ci, la recherche sur le chemsex…
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