Diversité de genre, HARSAH, itinérance, consommation de substances, santé mentale.
Cure, vaccination, réservoirs…
COVID-19, variole simienne, ITSS…
Webinaires midi
Webinaires midi
Webinaires midi
Articles scientifiques sous la loupe
Données épidémiologiques

Articles scientifiques sous la loupe
15 mai 2022
Une combinaison de deux bnAbs (broadly neutralizing antibodies) a conduit à une prolongation de la suppression virale après l’arrêt d’un traitement contre le VIH, selon une étude présentée à la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes (Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections, CROI 2022) et qui a récemment été publiée dans la revue Nature (Gaebler, C., & al., 2022). Bien que cette étude soit limitée dans son échantillon, les résultats suggèrent que les bnAbs pourraient un jour être les composants d’une stratégie combinée curative contre le VIH. Christian Gaebler et Michel Nussenzweig du laboratoire d’immunologie moléculaire à l’Université Rockfeller et leurs collègues, ont mené cette étude afin de tester les deux anticorps en question chez des personnes aux prises avec une infection chronique au VIH qui avaient été auparavant sous une thérapie antirétrovirale pour au moins un an. Les anticorps, appelés 3BNC117 et 10-1074 ont été développés par l’Université Rockfeller (New York), sous la licence de Gilead Sciences. Les 26 participants ont été séparés de manière aléatoire en deux groupes. Les deux groupes ont reçu sept injections pour chacun des anticorps (30 milligrammes par Kg chacun), administrées à deux puis à quatre semaines d’intervalle, et ce, sur une période de 20 semaines (S20). Dans le premier groupe de 18 personnes, les participants ont cessé la thérapie antirétrovirale deux jours après la première injection d’anticorps (à S0) alors que dans le second groupe de huit personnes, les participants ont continué à prendre la TAR en parallèle de l’administration des doses d’anticorps, puis l’ont cessée à S26. La charge virale et le compte de CD4 ont été suivis et évalués chaque semaine et la TAR était reprise si les patients présentaient une remontée de la charge virale (ou rebond viral), une chute du compte de CD4 ou bien des symptômes du syndrome rétroviral aigu. Le suivi s’est effectué sur une durée de 48 semaines à partir de la première injection (S0).
13 individus du groupe 1 (76 %) ont réussi à maintenir une charge virale indétectable pour une durée d’au moins 20 semaines après l’arrêt de la TAR. Pour l’ensemble des participants du groupe 1, le temps moyen écoulé avant le premier rebond viral a été de 28,5 semaines. Les individus qui ont reçu l’ensemble des sept injections (car certains n’avaient reçu que trois ou quatre injections), ont réussi à maintenir une suppression virale comprise entre 21 à 48 semaines, avec un temps moyen écoulé jusqu’à la remontée de la charge virale de l’ordre de 32 semaines (ou 12 semaines après la dernière injection de bNAbs). Deux personnes du groupe 1 ont complété l’étude sur un suivi de 48 semaines sans expérimenter de rebond viral. Néanmoins, parmi les personnes du second groupe, le temps moyen écoulé avant la remontée virale était de seulement sept semaines après l’arrêt de la TAR ou 13 semaines après la dernière injection des bnAbs. Selon les auteurs de cette étude, les résultats montrent que les bnAbs peuvent jouer un rôle dans la rémission du VIH, qu’ils ne marchent pas pour tout le monde et que leur activité reste temporaire.
Pour consulter l’article d’origine, cliquer sur ce lien.
© PNMVH 2026
Programme national de mentorat sur le VIH et les hépatites