Diversité de genre, HARSAH, itinérance, consommation de substances, santé mentale.
Cure, vaccination, réservoirs…
COVID-19, variole simienne, ITSS…
Articles scientifiques sous la loupe
Données épidémiologiques

Articles scientifiques sous la loupe
7 septembre 2022
Une étude menée aux États-Unis qui visait à offrir à des participants HARSAH ainsi qu’à des femmes transgenres de la doxycycline, un antibiotique administré par voie orale pour traiter certaines infections transmissibles sexuellement (ITS), à prendre après les relations sexuelles non protégées (sans condom), a été arrêtée un an plus tôt du fait de sa haute efficacité, d’après ce qui a été dévoilé lors de la conférence AIDS 2022 dernièrement (Montréal, 29 juillet – 2 août). L’étude appelée « DOXYPEP » (Luetkemeyer, A., & al., 2022) a évalué l’incidence des infections à la gonorrhée, chlamydia et syphilis chez 501 participants. Les deux tiers d’entre eux se sont vu administrer de la doxycycline à prendre après les relations sexuelles (groupe « DOXY ») alors que pour le reste des participants (un tiers), il n’y avait aucun traitement d’administré (« sans DOXY »). L’étude en question impliquait 327 personnes séronégatives pour le VIH et utilisant la prophylaxie préexposition pour le VIH (PrEP) et 174 personnes séropositives pour le VIH, de plus de 17 ans, et fréquentant deux cliniques différentes à Seattle et San Francisco (États-Unis). Un autre critère de l’étude était que les patients devaient avoir eu au moins une des trois ITSS au cours de l’année précédant l’étude. Les participants du bras d’intervention devaient prendre une seule dose de doxycycline le plus tôt possible dans les 72 heures suivant l’activité sexuelle sans condom.
L’efficacité chez les personnes séronégatives pour le VIH a été de 66 %. Il y avait 82 infections de détectées dans le bras contrôle (« sans DOXY ») et 61 pour le groupe « DOXY » (voir graphique ci-dessous). Ceci revenait à une incidence, pour chaque trois mois de suivi, de 31,9% dans le bras contrôle et de 10,7 % dans le bras « DOXY ». L’efficacité chez les patients séropositifs a été, quant à elle, un peu plus faible, à 62 %, mais encore hautement significative, à savoir qu’il y avait, en ce qui les concerne, 39 cas d’infections dans le bras contrôle et 36 cas pour le bras « DOXY » ce qui équivalait à un taux d’incidence pour trois mois de 30,5 % pour le bras contrôle et de 11,8 % pour le bras « DOXY ». L’efficacité contre la chlamydia a été assez élevée, à 88% chez les personnes séronégatives pour le VIH (12,1 vs. 1,4) et 74 % chez les personnes séropositives (14,8 vs. 3,9). L’efficacité était aussi très élevée dans le cas de la syphilis, à 87 % chez les personnes séronégatives (2,7 vs. 0,4) et 77 % chez les personnes séropositives (2,3 vs. 0,7), mais le nombre de cas d’infection à la syphilis était relativement faible. L’efficacité était encore significative contre la gonorrhée, à 57 % chez les personnes séropositives (20,3 vs. 8,9) et à 55 % pour l’autre groupe (20,2 vs. 9,1). Le nombre moyen de cas ou d’événements de relations sexuelles sans condom était de l’ordre de plus de sept par mois, et l’adhésion à la doxycycline était bonne, avec 87 % des relations sexuelles qui ont été couvertes par le traitement. Plus de la moitié des participants (54 %) prenait moins que 10 doses de PPE (ou PEP) par mois, 30 % en prenait entre 10 et 20 doses, et 16% en prenait plus que 20 (pratiquement quotidiennement). Il n’y avait pas d’effets secondaires sérieux observés.
Pour consulter l’abrégé d’AIDS 2002, cliquer sur ce lien.

© PNMVH 2026
Programme national de mentorat sur le VIH et les hépatites