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Articles scientifiques sous la loupe
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Articles scientifiques sous la loupe
2 décembre 2023
Le traitement de l’hépatite C a entraîné une amélioration du taux de survie chez les personnes atteintes d’un carcinome hépatocellulaire (CHC), mais moins d’une personne sur quatre avait reçu une thérapie antivirale à action directe (par AAD), selon les résultats d’une étude présentée lors du congrès sur le foie de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD), qui s’est déroulé à Boston (États-Unis), du 10 au 14 novembre dernier – voir le résumé en ligne. Dans cette étude, Leslie Yeeman Kam (Stanford University Medical Center) et ses collègues ont évalué la proportion de patients atteints d’un CHC lié au virus de l’hépatite C (VHC) qui avaient reçu des AAD entre 2015 et 2021, et ont aussi analysé l’impact du traitement par AAD sur la survie globale de ces individus. Pour ce faire, à l’aide de la base de données nationale nommée « Optum’s Clinformatics® Data Mart (CDM) Database », qui comportait les demandes d’indemnisation de patients assurés, les chercheurs ont analysé les données provenant d’adultes atteints d’hépatite C et de CHC qui bénéficiaient d’au moins six mois de couverture médicale.
L’analyse incluait 3922 patients présentant un CHC lié au VHC. Plus de la moitié vivaient avec une cirrhose décompensée, ou une insuffisance hépatique. Au sein de ce groupe, seulement 922 personnes (soit 24 %) avaient reçu une thérapie par AAD. Les taux de traitement étaient plus élevés chez les personnes plus jeunes et chez les patients atteints de cirrhose, qu’elle soit compensée ou décompensée. Ceux qui ont été pris en charge par un gastro-entérologue ou un spécialiste des maladies infectieuses, avec ou sans oncologue, étaient environ trois fois plus susceptibles de recevoir un traitement contre le VHC. Les personnes traitées par une thérapie à base d’AAD présentaient quant à elles un taux de survie de cinq ans significativement plus élevé par rapport aux patients non traités (47 % contre 35 %, respectivement). Après ajustement pour l’âge, le sexe, l’origine, le traitement du CHC et d’autres facteurs, le traitement de l’hépatite C a été associé à une réduction de 39 % de la mortalité. Cependant, selon les auteurs, il existait des disparités en termes de mortalité, avec les patients noirs ayant une survie plus faible, qu’ils aient reçu ou non des AAD. En conclusion, bien que ceux qui ont reçu un traitement par AAD aient eu une survie de cinq ans nettement supérieure, le traitement par AAD restait apparemment sous-utilisé, même chez les patients les plus gravement malades atteints d’une hépatite C, qui étaient assurés, alors que moins d’un patient sur quatre était traité. Enfin, consulter un spécialiste en gastro-entérologie et en maladies infectieuses a été associé à une probabilité trois fois plus élevée de recevoir une thérapie par AAD chez les patients atteints d’un CHC lié au VHC, soulignant ainsi la nécessité d’une approche multidisciplinaire pour la prise en charge de cette population.
Consulter le résumé de l’AASLD.
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